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Capsule de français : Ah! comme la neige a neigé!

Au Québec, là où lorsqu’il fait très froid il fait frette et où la sloche n’est pas toujours quelque chose qui se boit, l’hiver et son vocabulaire font partie intégrante de la culture. 

Un texte de Paméla Vachon – Dossier Éducation 

À cet effet, en français, il y a environ 80 expressions en lien avec le mot hiver et 140 avec le mot neige. Parmi ces expressions, on compte Il ne passera pas l’hiver qui signifie qu’une personne ne survivra pas longtemps ou que quelque chose est en mauvais état et Être blanc comme neige qui signifie que quelqu’un est innocent ou sans reproche. À cela s’ajoutent les centaines de mots liés à l’hiver qu’a créés le géographe et linguiste québécois Louis-Edmond Hamelin. Ainsi, à la suite de ses recherches sur le Nord sont apparus glaciel, nordicité, hivernité et bien d’autres. De plus, la thématique de l’hiver fait l’objet d’un recueil de mots contenant plus de 2 000 unités dont plusieurs sont reliées à la neige. Qu’elle soit collante, compacte, damée, durcie, granuleuse, épaisse, fine, fondante, lourde, légère, mouillée ou poudreuse, la neige fait parler d’elle sous toutes ses formes. Elle est tellement présente dans nos vies, qu’elle mérite même de nommer un canton à l’est du Québec, soit celui de Neigette. Dans ce canton, le mot neigette est utilisé afin de désigner une faible chute de neige en plus d’être le nom de la rivière locale.

Le français n’est pas la seule langue productrice d’un vocabulaire hivernal. En effet, un mythe très tenace affirme que le lexique inuit posséderait plus d’une centaine de mots pour décrire la neige. Cela n’est pas tout à fait exact. En réalité, les Inuits possèdent plusieurs dialectes, dont l’inuktitut parlé dans le Nunavik au nord du Québec et dans le Nunavut. L’inuktitut est une langue agglutinante, ce qui veut dire qu’elle utilise des suffixes à la fin de certains mots afin d’apporter un léger changement de sens en ce qui a trait, entre autres, à la personne, au nombre et au temps. Donc, les Inuits ne possèdent pas des centaines de mots pour représenter la neige. Ils en auraient plutôt une douzaine, mais en raison du caractère agglutinant de l’inuktitut, ils peuvent créer de nombreuses combinaisons de mots pour la qualifier au lieu d’inventer entièrement de nouveaux mots pour chaque nuance de sens. Le linguiste missionnaire Lucien Schneider a recensé des exemples comme qanik qui signifie « neige qui tombe », aputi qui signifie « neige sur le sol » et pukak qui signifie « neige cristalline sur le sol ». L’utilisation de tous ces mots représentant une forme ou une autre de la neige est justifiée par un besoin de bien identifier le milieu environnant afin de survivre en territoire hostile. Enfin, parmi toutes les langues autochtones, l’inuktitut est la langue possédant la plus grande capacité de distinction entre les mots et pas seulement en ce qui concerne la neige.

En définitive, c’est lorsque le froid nordique cogne à nos portes et que se précipitent les flocons blancs que la créativité lexicale bat son plein. Gageons que vous en savez désormais autant sur le vocabulaire hivernal que l’abominable homme des neiges!

27 capsules sur les difficultés de la langue française sont présentées par l’humoriste Fred Dubé.

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