Des outils face à la maladie

La Dre Séverine Hervouet œuvre en psychologie médicale depuis près de 20 ans, notamment au département de psycho-oncologie du Centre hospitalier universitaire de Québec. Son rôle est d’accompagner ses patients dans la souffrance, permanente ou passagère. 

Malgré qu’ils soient très inspirants, les cas de Juliette et Jean-Gilles demeurent exceptionnels, selon la Dre Hervouet. Tous deux possèdent assurément une capacité innée de rebondir dans un moment de vie éprouvant. « Certaines personnes ont naturellement en elles des facteurs qui les prédisposent à bien composer avec des stresseurs majeurs. Il faut aussi considérer les facteurs protecteurs, soit la capacité d’être optimiste et d’exprimer ses besoins, ce qui facilite l’adaptation au changement. » Selon elle, chaque histoire est unique, si bien qu’il est possible de traverser une grande épreuve de vie sans l’aide d’un psychologue.

En ce qui la concerne, avec tout nouveau patient, la clinicienne remet dès le départ les pendules à l’heure. « Ce n’est pas un but en soi d’accepter la situation. Il faut d’abord apprendre à composer avec la situation avant même de penser à l’accepter. Accepter l’inacceptable peut carrément devenir un stress de performance dans certains cas et en thérapie, c’est ce qu’on veut éviter. »

Cultiver l’espoir

Dans sa pratique, La Dre Hervouet favorise l’approche cognitive-comportementale, la méditation pleine conscience et la thérapie d’acceptation et d’engagement, laquelle se construit autour des valeurs de la personne. L’objectif est d’aider le patient à modifier de façon volontaire ses comportements et ses pensées afin d’atténuer ou, mieux, d’éliminer totalement une douleur émotionnelle.  

Dans un premier temps, la thérapie vise à dissocier l’être humain de la maladie ou de la situation. « Quelqu’un qui a le cancer n’est pas le cancer ; il cohabite avec lui, mais ne le définit pas, même s’il prend beaucoup de place », explique la Dre Hervouet. 

Comment motiver les patients à persévérer? En cultivant l’espoir de façon réaliste. « Il faut tenir compte du rythme du patient et des facteurs de stress préexistants. Si la personne était déjà essoufflée avant l’événement, le processus pourrait être plus long », souligne-t-elle. Le thérapeute est là pour reconnaître la souffrance et mettre en lumière les progrès, si petits soient-ils.

Typiquement, un travail thérapeutique d’approche cognitive-comportementale durera de 12 à 15 rencontres, sur une période allant de six mois à un an. Les séances se déroulent sous forme de discussions où des métaphores sont utilisées pour stimuler l’imaginaire des patients. Une façon de les faire migrer de la tête au cœur. L’aide professionnelle agit finalement comme un gilet de sauvetage pour mieux naviguer vers une nouvelle réalité.

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