Faciliter l’intégration par le cinéma

Avatar
Les derniers articles par Mélina Soucy (tout voir)

Une vingtaine de nouveaux arrivants sont assis dans  la salle de projection de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Ils visionnent Ce qu’il faut pour vivre, un long métrage de Benoît Pilon, afin de mieux comprendre la culture québécoise et de pratiquer leur français.

Un texte de Mélina Soucy – Dossier Immigration

En tout, six groupes de francisation issus de l’Université du Québec à Montréal (UQAM-MIDI) et du Cégep du Vieux-Montréal ont pu assister à des projections de films québécois depuis un an. Cette initiative de Québec Cinéma et de la BAnQ vise à faciliter l’intégration des immigrants de façon attrayante. Les cinq autres films présentés sont : Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde  de Daniel Roby, La Passion d’Augustine de Léa Pool, Mon oncle Antoine de Claude Jutra,  Maurice Richard de Charles Binamé et Les Ordres de Michel Brault.« C’est Dominique Dugas, directeur des Rendez-vous du cinéma québécois, qui a fait la programmation. Il l’a construite autour de films aux environnements historiques pour permettre de mieux comprendre les grands enjeux et la culture québécoise, » explique Ségolène Roederer, directrice générale de Québec Cinéma.

Des films rassembleurs

Ce qu’il fut pour vivre raconte la vie de Tivii, un adulte inuit arraché à sa famille pour être soigné dans un sanatorium. Bien qu’il s’agisse d’une histoire fictive, le film est basé sur une épidémie de tuberculose qui a effectivement sévit dans les années 1950 dans le Grand Nord.

Cette histoire de déracinement, où le personnage principal tente à tout pris de conserver sa langue et sa culture tout en s’adaptant, a rejoint émotionnellement le groupe d’étudiants en francisation.

« Je m’identifie beaucoup à Tivii, confie une participante. Sauf que lui est immigrant par force et non par choix. J’ai cependant une expérience similaire de mes premiers pas au Québec. Tout était différent : les gens, la culture. Ça m’a fait un choc d’entrer dans la ville comme lui, les routes aussi. »

Une autre participante s’est aussi dite très interpellée par les mots employés par Tivii. « À mon arrivée ici, je me sentais sourde. Quand je suis débarquée à l’aéroport, j’étais obligée de parler aux agents frontaliers. J’avais appris le français mais ce n’était pas la même chose, l’accent était différent. »

Hélène Dubuc, chef de service de la section musique et films de BAnQ raconte que tous les films présentés jusqu’à présent ont su rejoindre les nouveaux arrivants. « Pendant la projection de La passion d’Augustine, une femme syrienne portant le hijab s’est identifié aux personnages des nones qui retiraient leurs voiles sacrés pour se moderniser. Elle disait qu’elle a vécu le même processus en arrivant ici. »

Apprentissage et intégration

La BAnQ offre déjà des services d’aide aux immigrants: des ressources d’apprentissage de langues, des ressources pour la recherche d’emploi et des activités culturelles. Ces services sont très utilisés par ces derniers.

« Les nouveaux arrivants ont une capacité d’apprentissage impressionnante. Ils recommencent à zéro et ont envie d’y arriver, » témoigne Hélène Dubuc.

En plus d’avoir visionné un film québécois, Québec Cinéma invite toujours un membre de l’équipe qui a réalisé le film à venir discuter avec les participants après la projection. Cette fois-ci, c’est le réalisateur du film, Benoît Pilon, qui est venu répondre aux questions des nouveaux arrivants.

Ces derniers se disaient tous très choyés de pouvoir parler au créateur. « J’apprécie énormément comment les Québécois nous incluent dans la société. Autant par cette activité que par les enseignants de mes enfants, » rapporte une participante d’origine vénézuélienne.

0.00 avg. rating (0% score) - 0 votes
0 0 voter
Évaluation de l'article
S’abonner
Notifier de

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments