Justice, m’entends-tu ?

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Dès ma tendre enfance, j’ai été motivé par la recherche d’une société saine et juste. J’étais convaincu que j’avais un rôle à jouer pour atteindre cet objectif. Une société où tous les citoyens sont libres et jouissent des services dont ils ont besoin.

Un éditorial de Raymond Viger – Dossier Justice 

Je suis né à une époque où commençaient à faiblir le racisme, le sexisme, l’homophobie et autres malaises sociaux. J’étais convaincu que mes prises de position étaient partagées par tous.

Pourtant. À un âge où j’envisage plus la retraite que d’entamer de nouveaux débats, j’ai l’impression que nous sommes encore très loin d’y arriver. Je n’ai que des questions qui ne cessent de résonner dans ma jeune tête.

Comment se fait-il que des politiciens puissent impunément graisser la patte de leurs amis sans vraiment être imputables de leurs gestes ?

Pourquoi un simple citoyen n’a-t-il pas accès à une justice pleine et entière ? Pensez à Claude Robinson qui y a laissé santé et argent. Ou encore à tous ces gens qui sont représentés par l’aide juridique et qui se font demander par l’avocat commis d’office un supplément en argent liquide pour être représentés. Et pendant ce temps, des membres de groupes criminalisés ont des avocats de haut calibre payés à partir d’une aide juridique bonifiée.

Pourquoi certaines multinationales se font-elles subventionner sous promesse de créer de l’emploi, mais réussissent si facilement à quitter le pays sans remplir leurs obligations ?

Un fonds de pension est théoriquement un placement garanti auquel employeurs et employés cotisent pour offrir une retraite bien méritée à tous ces gens qui se sont dévoués pour l’entreprise. Comment certains employeurs réussissent-ils à piger dans ces fonds sans respecter leurs engagements ?

Chère dame Justice. J’ai voulu croire que tu existais. J’ai rêvé que tu pourrais te montrer au grand jour et faire partie de nos us et coutumes, que tu pourrais être la norme. Pourquoi tant d’obstacles avant de pouvoir y arriver ?  Pourquoi tant d’interférences autour de toi ? Pourquoi tant de nuages gris t’entourent-ils et te cachent à nos yeux ?

Démocratie, où es-tu ?

Si je veux voter pour un individu parce que je suis convaincu qu’il fera un bon premier ministre, je dois voter pour son parti, qui n’a pas nécessairement une vision qui me plaît. Pire encore, cela me force à voter dans mon comté pour un individu que je ne connais peut-être même pas.

Comment procéder si je veux avoir un gouvernement minoritaire ? Je suis obligé de voter pour un ou pour l’autre.

Et quand j’ai ce mauvais sentiment que certaines personnes en place y sont pour des intérêts personnels plutôt que sociaux, quels sont les moyens mis à ma disposition pour obtenir une démocratie digne de ce nom?

Est-ce que certains politiciens qui nous font toutes sortes de promesses pour être élus devraient être tenus imputables de tout ce qu’ils nous ont conté? Et que dire de toutes ces sommes promises à tel ou tel autre groupe quand ils seraient au pouvoir ? Devrait-on considérer le tout comme une tentative de corruption et un pot-de-vin ? Que penser des groupes orphelins qui n’ont pas le poids politique pour se faire acheter leur vote ? Pouvons-nous encore croire en une société équitable dans un tel contexte ?

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Raymond Viger

Raymond Viger est éditeur du magazine Reflet de Société. D'abord intervenant de rue, il est devenu un acteur reconnu et apprécié par ses pairs pour ses préoccupations sociales et communautaires, particulièrement dans la fondation et la direction général du Journal de la Rue, du Café Graffiti, de Reflet de Société ainsi que plus récemment de l'organisme Survivre.

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