La Meute, Manipulation de l’opinion publique

Les médias répètent que la Meute compte 43 000 membres et il est vrai que leur page Facebook en compte autant. Cependant, ils n’étaient que quelques centaines à leur manifestation contre «l’immigration illégale» en provenance des États-Unis en août 2017.

Un texte de Mélina Soucy – Dossier Politique

«Les médias ont eu tendance à gonfler l’importance de la Meute en insistant sur le 43 000 membres», a souligné Philippe Gohier, rédacteur en chef de VICE Québec lors de la conférence L’effet de Meute au congrès 2017 de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). En plus d’augmenter leur importance par leur nombre imposant sans l’interpréter, les médias ont favorisé l’opinion publique de la Meute lors des événements du 20 août à Québec.

Lors de la manifestation contre l’immigration illégale, le groupe identitaire de droite avait été confiné dans un stationnement souterrain, car une contre-manifestation des antiracistes les empêchait de suivre leur itinéraire. Les médias avaient mis en parallèle le confinement de la Meute et la violence des groupes antiracistes. Cela eut pour effet de poser en victimes le groupe identitaire. «Ce jour-là, la Meute a remporté la bataille médiatique», a déploré Luce Julien, rédactrice en chef du Devoir pendant le congrès de la FPJQ.

La Meute a effectivement fait bonne figure dans les articles de la majorité des médias. On pouvait y lire que la Meute avait manifesté «dans le calme sous escorte policière» et «sans accroc». Les journalistes mettaient en miroir l’attitude pacifique de la Meute et la violence des groupes antifascistes. Cela avait pour effet de valider la position non-radicale du groupe sans s’interroger sur la nature de leur réel discours.

Victimisation de la Meute

Outre son comportement exemplaire durant les manifestations selon les médias et son habitude à s’identifier comme «le peuple par la force du nombre», la Meute tente également de gagner l’opinion publique en se victimisant.

La collecte de cadeaux pour les jeunes de la DPJ qu’elle avait annoncée en association avec Centraide Jeunesse Montréal en octobre 2017 est un bon exemple. «La Meute veut montrer à ces jeunes que la société dont ils font partie ne les a pas oubliés et qu’elle compte sur eux pour faire de notre pays un endroit encore meilleur lorsqu’il sera enrichi de leur expérience», peut-on lire sur le groupe Facebook.

Ce communiqué n’a pas plu aux représentants antifascistes cachés au sein du groupe de la Meute. Ces derniers ont contacté Centraide Jeunesse Montréal les informant qu’il s’agissait d’une alliance politique; la Meute voulant devenir un groupe de pression.

Le lendemain de l’annonce de la campagne, Sylvain Brouillette, porte-parole de la Meute, informait ces membres de son annulation en accusant les «amis gauchistes» de priver des jeunes de leur aide, tout en aidant la Meute dans sa stratégie pour gagner l’opinion publique. «Quoi qu’il en soit, la stratégie stupide de l’extrême gauche ne fera que mettre une fois de plus les projecteurs sur la Meute, écrit-il. Nous avions annoncé le projet jeunesse à l’interne seulement parce que nous ne voulions pas en faire un enjeu politique».

Sylvain Brouillette ajoute que «la Meute n’abandonnera pas son projet d’aider les enfants défavorisés, n’en déplaise aux tarés de l’extrême gauche qui sont prêts à sacrifier le bien-être des enfants pour de simples différents sur des opinions politiques, pour lesquels les enfants ne sont nullement concernés».

La Meute enfonce le clou de l’autovictimisation en niant l’aspect politique d’une telle association et en faisant porter le blâme à l’«extrême gauche».

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