Donner des livres en prison - main avec menottes tenant un livre

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Un texte de Rémi Jean-Lefebvre – Dossier Criminalité

La nourriture infecte, la violence, l’isolement et les problèmes de santé mentale ne sont que quelques exemples de la réalité vécue au jour le jour par une personne incarcérée. Avec la surpopulation et le manque de ressources, pour certains, le moyen le plus réaliste de s’évader, c’est par la lecture. Durant son séjour, le détenu peut recevoir des livres par son entourage à l’extérieur des murs. Mais pour certains qui n’ont pas la chance d’avoir un réseau ou un soutien externe, ils doivent se tourner vers la bibliothèque de l’établissement. Or, les prisons subissant des coupures importantes, l’inventaire de livres et son renouvellement ne sont pas une priorité dans les budgets des milieux carcéraux.

Donner des livres aux bibliothèques des prisons?

Donner des livres aux prisons
Donner des livres aux prisons – Illustration de Rémi Jean-Lefebvre

Après avoir parlé à Tim Smart*, bénévole au centre de détention de Cowansville, ce dernier affirme que c’est du cas par cas selon les personnes en poste. Selon lui, la bibliothèque de la prison accepte parfois des livres, mais cela dépend du responsable. Même son de cloche du côté du ministère de la Sécurité publique. Quelques règlements de base par rapport aux livres sont de mise. Pas d’ouvrages à caractère sexuel ou faisant la promotion de la violence et les couvertures rigides sont interdites exception faite pour les bandes dessinées. Le plus difficile, c’est de s’adresser à la conseillère en milieu carcéral. Il est très ardu de parler à qui que ce soit en contactant les prisons. Étant un milieu très fermé, il en est de même pour avoir réponse à nos questions.

Criminaliser ou réhabiliter?

Lors de son mandat majoritaire, le gouvernement Harper a réussi à mettre en action son projet de loi C-10. Ce projet de loi controversé baptisé « Loi sur la sécurité des rues et des communautés » contient entre autres des sentences plus sévères et limite le taux de peine dite de sursis (prison à la maison). Cette réforme visait principalement les jeunes contrevenants, les crimes liés à la drogue, et ceux avec accusations de violence. La pertinence de cette loi a été grandement critiquée, notamment en comparant les statistiques. Selon Alter-Justice, le taux de criminalité est en chute libre depuis le sommet atteint en 1991. Malgré cette baisse de criminalité, le taux de personnes incarcérées lui, est en augmentation.

D’après le ministère de la Sécurité publique, quatre facteurs principaux peuvent expliquer cette hausse : la diminution constante de  « permission de sortir », l’augmentation de détention préventive, les personnes qui renoncent à la libération conditionnelle et la mise en place de la loi restreignant l’emprisonnement avec sursis. Sans oublier qu’un détenu au Québec coûte en moyenne 259 $ par jour, et que cette augmentation engendre une surpopulation difficile à soutenir dans les centres de détention.

*Tim Smart aide à animer un groupe de lecture (en anglais) sous BCFI. Vous pouvez visiter ici leur site internet pour plus d’information. http://www.bookclubsforinmates.com

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Rémi Jean-Lefebvre

Rémi Jean-Lefebvre est animateur et illustrateur. Il est un passionné d’art sous toutes les formes, auquel il y jumelle un vif intérêt pour les enjeux sociaux.
Il collabore autant au milieu de vie du Café graffiti qu’aux Édition TNT.

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